Jouer dehors : un atout pour la santé des jeunes enfants, d’après Francine Ferland (1/3)

Durant les trois prochains articles, je vais vous parler de Francine Ferland. Elle est ergothérapeute et professeur dans une faculté de médecine de Montréal. Elle a écrit de nombreux ouvrages sur le développement de l’enfant, ainsi que sur le jeu et en particulier, sur l’importance du jeu extérieur chez les enfants.

Je trouve qu’elle résume très bien tous les bénéfices que cela peut avoir auprès de chaque être humain. Elle s’appuie sur de multiples recherches et en a écrit un livre « Viens jouer dehors ! Pour le plaisir et la santé « . Récemment, j’ai trouvé une de ses interventions durant un échange en Gaspésie sur le jeu extérieur pour les jeunes. C’est par ici.

Vous n’avez peut-être pas 40 minutes pour prendre le temps de l’écouter parler. Elle parle québécois en plus, ça demande un peu de concentration pour une oreille française :).
Je vous propose donc un résumé de son livre et de cette vidéo sur la place du jeu dehors et du contact avec la nature pour les enfants de moins de 3 ans en 3 parties :
Partie 1 : Jouer dehors, un atout pour la santé
Partie 2 : Jouer dehors, une source de plaisir pour un développement harmonieux
Partir 3 : Jouer dehors en toute sécurité, une histoire de volonté collective

JOUER DEHORS, UN ATOUT POUR LA SANTE

     Un impact sur le sommeil et l’appétit
L’enfant est davantage en activité constante et libre à l’extérieur : il court, saute, grimpe. Des recherches prouvent que cela à un impact sur  la santé du coeur ainsi que sur le développement musculaire et des os surtout auprès des enfants de 0 à 4 ans. Au Québec, il a été recommandé 3h d’activités de mouvement naturel par jour pour permettre un bon développement du corps de l’enfant et de ses capacités.

     Une meilleure évacuation du stress
Le cerveau de l’enfant est en développement, l’hormone du stress, la cortisone, accède plus rapidement au cerveau et aurait une préférence pour se loger dans les zones stimulant la mémoire, l’apprentissage et la régulation des émotions. Ceci engendrant alors plus de frustration, moins de patience, voire des enfants qui pourront réagir plus vivement envers les autres. Le jeu extérieur est idéal car étant plus actif, la production d’endorphine est plus élevée et cette hormone contre l’action de la cortisone et procure alors un sentiment de bien être. L’hormone est donc plus vite éliminée. (Comme l’adulte quand il fait du sport)

     Et donc une augmentation de la concentration
A l’extérieur, l’enfant dépense son surplus d’énergie et cela engendrerait une diminution de son anxiété et régulerait ses pulsions. Passer du temps dehors pourrait permettre à l’enfant de trouver un équilibre entre les moments de mouvements libres et libérés et des temps plus calmes et posés. Car l’énergie sous-jacente a été libérée.
Des recherches montrent qu’il y aurait un lien entre le déficit de l’attention et le temps passé dans un espace vert.

     Une amélioration des défenses immunitaires
Nous avons tendance à mettre nos enfants dans des cloches aseptiques. Il suffit de voir les réglementations dans les structures petite enfance en France. Pourtant, il peut être nocif de surprotéger nos enfants. En effet, certains bactéries présentes dans l’environnement naturel est nécessaire pour le bon fonctionnement de notre système immunitaire. Elles sont appelées des bactéries positives. Celles-ci sont utiles pour prévenir l’implantation des bactéries dangereuses. Si nous sommes trop stricts, notre système immunitaire ne se développe pas correctement

     Une prévention de la myopie
Le dernier article que j’ai fait suivre sur ma page facebook parlait de ce sujet. L’exposition des enfants à la lumière du soleil pourrait contrer la myopie, « l’épidémie » de nos sociétés occidentales. La Haute Autorité de la Santé estime qu’en France, la myopie toucherait plus ou moins 30% de la population, soit 1/4 de la population. Les causes de ce trouble de la vision peut être génétique mais aussi environnementale. « Il semblerait que […] le temps passé dehors, à la lumière naturelle, est un élément protecteur, et non la pratique de l’activité physique elle-même ».

     

     Cette première partie est terminée ! A la semaine prochaine pour la suite ! Je vous parlerais des bienfaits du jeu extérieur sur le développement des jeunes enfants selon Francine Ferland mais aussi de l’importance de prendre du plaisir à jouer à l’extérieur pour que l’enfant reçoive tous ces bienfaits.

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Ouvrir les structures petite enfance à leur environnement proche : est-ce vraiment possible dans leur fonctionnement actuel ?

Tout commence à la conférence à laquelle j’ai participé il y a quelques semaines. Voilà la question de départ : Comment pacifié notre rapport à l’environnement ? Je ne vous cache pas que j’ai été un peu déçue car elle a plus fait état de la situation environnementale et animale qu’une réflexion sur nos actions concrètes pour changer les choses. Cependant, cela ne m’a pas démotivée pour m’investir dans la promotion de la place du jeux extérieurs et d’un rapprochement avec la nature dans les structures petite enfance.

Par contre, les nouvelles dans la halte-garderie où je travaille (à Paris) m’ont données un sentiment d’impuissance face à la législation, ou plutôt au manque de législation au sujet de la prise en compte de l’environnement proche pour les structures petite enfance.

Cet article partira donc d’une des informations rappelées durant cette conférence en la liant avec un événement qui a eu lieu sur mon lieu de travail. Elle sera comme la conférence plus un état des lieux et l’apparition de nombreuses questions… Mais, ça ne veut pas dire que je ne suis pas motivée pour défendre mon positionnement ! 🙂

Plus de la moitié de l’humanité vit en milieu urbain !

D’après différentes recherches, il serait plus facile d’explorer, de faire des essais en ville. Par exemple, de manière globale en France, le mouvement pour la protection de la nature est né dans les villes ou le droit des femmes s’est développé en ville pour ensuite se généraliser au pays.

Il semble donc que le terreau urbain soit source d’innovation et de progression sur différents sujets sociétaux. Peut-être qu’en ville, il est plus facile d’avoir un effet collectif conséquent pour le changement. Nous devons donc prendre en compte cette forte population urbaine et avoir confiance en elle pour bouger les choses !

Il semblerait donc, que pour donner un impact sur l’importance de notre contact avec la nature des initiatives « écoresponsables » se développent en milieu urbain… Tout va bien, nous observons depuis quelques temps un relation différente entre ville et nature comme le projet « permis de végétaliser »  lancé par la mairie de Paris ou l’explosion de l’agriculture urbaine à Montréal.

En tant qu’EJE et voulant proposer des rencontres entre l’enfant et la nature en milieu urbain, je me dis alors que je suis à la bonne place pour développer ce projet. De plus dans l’association où je travaille, il y a un fort projet de faire connaître aux familles les initiatives de leur quartier. Les structures petite enfance proposent aux enfants des sorties à la bibliothèque, à la boulangerie ou à l’épicerie pour acheter de quoi faire un bon gâteau avec des produits bios et même des piques-niques goûter avec les parents dans des parcs ! Me voilà donc entrain de rêver… jusqu’à ce que tout soit requestionné…

Le « vide juridique » des sorties extérieures dans les structures petite enfance : un air de déjà vu…

Les responsables Petite Enfance de l’association ont épluché les décrets régissant l’accueil du jeune enfant en structure collective… Aucun texte ne mentionne la question des sorties extérieures. En clair, s’il y a un accident en allant chercher du pain à la boulangerie d’à côté ou en allant à la bibliothèque avec un groupe d’enfants de moins de trois ans, l’équipe et la direction sont en tord et surtout ne sont pas assurées en dehors des quatre murs de la structure petite enfance.

Suite au témoignage d’une directrice d’une halte-garderie confronté aux problématiques administratives et législatives pour homologuer leur cour extérieur, je vous avais fait part de mes difficultés à trouver des informations officielles sur les normes pour la création de ces cours extérieures dans la petite enfance. Il semblait que cela se faisait plus au bon vouloir de l’architecte et de la PMI.

Têtue et ne voulant pas abandonner cette idée d’ouverture sur le voisinage de la halte-garderie (Nous avons à proximité un grand parc et plusieurs jardins partagés associatifs), je me suis attelée à la recherche sur Legifrance et ses décrets, sur les forums, sur les sites sur l’accueil jeune enfant… je trouve très peu de choses ou celles que je trouve date de 2008… Sommes-nous les seuls à vouloir sortir les enfants des structures petite enfance ? A moins que vous ne vous posiez la question du protocole et d’assurance ?
Il semble que nous soyons de nouveau confrontés à une problématique législative.

 Et ce fameux un adulte pour 2 enfants ?  

Une information semble circuler, c’est l’encadrement d’un adulte pour deux enfants pour des sorties en groupe à l’extérieur de la structure petite enfance. Apparemment, elle trouve son origine dans une sorte de croyance et de confiance accordées aux informations données par les centres de protection maternelle et infantile (PMI)…

Bye bye les sorties ! On reste à l’intérieur ?!?!

Nous sommes bien loin des projets de nos amis européens ou d’Amérique du Nord.
Petit Rappel : Les structures petite enfance au Québec ont pour obligation de sortir une fois par jour dehors et avoir un parc de jeux à moins de 500 mètres de l’installation !

Dans ces conditions, quelle place donnée à l’environnement proche des structures petite enfance et donc de la nature dont nous avons tant besoin ? Devons-nous rester enfermés, rester dans notre  » bulle de sécurité » et faire venir à nous toutes sortes d’intervenants ?

Durant la conférence, il a été soulevé qu’il serait important de re-créer du lien entre les êtres humains avant de re-créer du lien avec la nature. Je me pose une question inverse la nature peut-elle aider à recréer du lien social entre les habitants d’un quartier, d’une ville, d’un village ? Par exemple, c’est ce que propose la Mairie de Paris dans sa charte Main Verte lors de la création associative d’un jardin partagé.

Et si les structures petite enfance s’intégraient, s’essayaient ou s’inspiraient de ces nouvelles initiatives urbaines pour donner une place à la nature auprès du jeune enfant ?

… ENQUETE  ET REFLEXIONS TOUJOURS EN COURS…

L’automne dans un CPE

Nous sommes fin Octobre et je viens de reprendre mon poste d’éducatrice petite enfance remplaçante dans le CPE de l’Université de Montréal. Vous savez, le CPE avec ces 1001 sorties cet été! Entre temps, j’ai travaillé dans une garderie privée avec un chouette projet axé une grande partie sur l’agriculture urbaine avec les enfants. Je reviendrais vous en parler bientôt car ce n’est pas le sujet de cet article.
Ici comme en France, c’est l’automne mais c’est aussi l’Halloween! Et au Canada, c’est une grande fête! Les enfants du CPE ont eu leurs journées Halloween avec un après midi cinéma et une matinée pour aller chercher, déguisé, les bonbons dans les différents départements de l’université de Montréal. Je n’ai malheureusement pas participé à ces événements. Mais j’ai quand même vécu ma petite peur d’Halloween!

Synopsis
Nous sommes le 29 Octobre, je fais un remplacement auprès des enfants de 4/5 ans. Aujourd’hui, le temps n’est pas vraiment avec nous, il vente et il pleut. Les enfants ont une énergie débordante! Avec Christine qui est l’éducatrice présente avec le deuxième groupe des 4/5 ans, nous décidons de profiter d’une éclaircie en milieu de matinée pour aller prendre une marche, voire aller dans le parc du Mont Royal qui ressemble à une forêt.
L’organisation est un peu différente de cet été. Il commence à faire froid ici! Les enfants doivent donc s’équiper chaudement: pantalon imperméable, blouson, écharpe, bonnet, moufles et gants et on n’oublie pas le dossard du CPE! Tout ça dans une énergie débordante!
Après un rappel des consignes, nous partons en direction du parc, nous marchons en observant les maisons décorées dans la rue avec les citrouilles et les araignées géantes.
Le temps semble être avec nous, nous allons donc jusqu’au parc. Les feuilles jaunes tapissent le sol du parc, c’est juste magnifique.

La peur de l’éducatrice française qui ne sort jamais dans une forêt avec des enfants !
Les enfants se mettent à courir partout sur le chemin, à prendre des branches d’arbres plus grandes qu’eux, et à sauter un peu partout.
Et c’est à ce moment là qu’une peur que je pensais disparu refait son apparition… Il y a des roches dans les trous où ils sautent et les feuilles mouillées, c’est glissant. Je me fais le scénario de l’accident dans la tête. Je me sens toute crispée et je n’ai qu’une envie, c’est de regrouper les enfants pour faire quelque chose de plus calme. Mais en même temps ce ne serait pas la bonne solution car je sais qu’ils ont plein d’énergie à dépenser. Je commence à dire à certains enfants de faire attention à ci ou à ça mais j’ai l’impression qu’ils ne m’écoutent pas vraiment. Et nous sommes sortis pour que les enfants puissent dépenser leur énergie, je vais pas les arrêter juste à cause de mon angoisse de l’accident. Je me sens de plus en plus stressée.

Puis, je regarde l’éducatrice québécoise qui est avec moi… Stupéfaction, elle ne semble en aucun cas inquiète. Elle avance le long du chemin en appelant les enfants à la rejoindre en courant ou en marchant. Wahou! Je me rends compte que j’ai vraiment pas l’habitude de sortir dehors avec des enfants! Je souffle un grand coup!
«Ok, les enfants ont l’habitude de venir ici, moi non. Ils connaissent les lieux, moi non. Laisse les faire et si, un d’eux se met vraiment en danger, agit mais pas avant». Je commence à apprécier le moment.
Puis, nous continuons le chemin et les enfants remarquent un trou qu’ils ont bien envie d’explorer… Ce trou est plus grand qu’eux en profondeur et doit faire à peu près deux mètres de diamètre.
L’éducatrice va explorer les lieux en premier et après vérification d’absence de danger, c’est parti pour l’exploration!

M’étant détendue sur le risque de blessure, je peux prendre le temps d’observer ces 14 enfants autour de cet espace:
– un groupe de 4 enfants restent aux alentours pour ramasser des feuilles mortes et en faire des bouquets à ramener au CPE.
– un groupe de 8 enfants utilisent les branches d’arbres comme des cordes pour ramper sur les pentes de ce fossé.
– un groupe de 2 enfants jouent à monter et à sauter des pierres que se trouvent dans cet environnement.

C’est une véritable exploration des lieux qui durera environ 20 minutes!

Le retour au CPE
Il est 11h, déjà une heure que nous sommes partis du CPE mais il est temps de rentrer. Pour redescendre du parc, je sens que certains enfants ont encore besoin de se dépenser. Je propose que nous courions jusqu’à ce que je crie Stop ! C’est un défi pour moi car les feuilles glissantes n’ont pas disparu du chemin… Je fais donc de la prévention en leur indiquant que le sol est glissant.
Prêt… C’est parti !!! Je cours en avant pour veiller qu’aucun n’aille jusqu’au bord de la route et ma collègue ferme la course.

Les cris et les bruits des pas prennent possessions du chemin, une vague d’enfants déferlent sur le chemin laissant des coureurs souriants sur le bas côté. Imaginez 14 enfants descendre une chemin que vous décidez de remontez pour l’échauffement de votre course matinale… Je peux les comprendre que ça peut faire peur :).
Je prends un peu d’avance, me retourne, tend mes bras et crie… STOOOOOOOOOOOP !!! Et la vague se jette sur mes bras tendus juste avant la sortie du parc !
Maintenant, il est temps que chaque enfant récupère son souffle, se trouve un ami pour se mettre en binôme et que nous fassions le trajet du retour sur les trottoirs de la ville. Direction le CPE pour enlever nos vêtements, lavez les mains et le visage terreux pour prendre tranquillement notre déjeuner.

Moral de l’histoire
Faire confiance aux enfants quand vous sortez! Il y a toujours le danger de se blesser mais les enfants sont capables de faire attention par eux-mêmes dans une grande majorité des situations.
Joyeux Halloween à tous !

Partage d’une expérience Nature avec des enfants à Montréal

Cet article n’est pas vraiment un nouveau mais juste la copie de celui que j’ai écrit pour le blog Eveil et Nature d’Emilie car la suite de cette expérience dans ce CPE ne va pas tarder à voir le jour. Eh oui, l’automne est arrivé et j’ai de nouvelles expériences de plein air avec les enfants à vous partager :).
Bonne relecture ou bonne découverte pour ceux et celles qui découvrent cet article.
N’hésitez pas à aller faire un tour sur le blog d’Emilie, on y trouve de chouettes infos si vous avez le goût de prendre l’air avec les enfants ! C’est par ici : http://eveil-et-nature.com/temoignage-montreal-les-enfants-a-la-conquete-du-dehors/

Depuis quelques années, j’avais le projet de partir au Canada… En Mars dernier, je m’envole pour la province du Québec pour un an avec un visa vacances travail. Durant cette expérience, je souhaite découvrir ce pays mais aussi travailler en tant qu’éducatrice petite enfance. Ma curiosité m’a amenée à me renseigner sur l’accueil petite enfance bien avant le départ…

Une chose m’interpelle, voici les extraits :
 » 39. Le titulaire d’un permis doit mettre à la disposition des enfants qu’il reçoit l’un ou l’autre des espaces extérieurs suivants:
1° un espace extérieur de jeu entouré d’une clôture sécuritaire d’au moins 1,20 m de hauteur situé à moins de 500 m de l’installation auquel il a accès pendant les heures de prestation des services de garde et dont la superficie minimale doit être de 4 m2 par enfant en considérant que l’on puisse y recevoir, en même temps, au moins le tiers du nombre maximum d’enfants indiqué au permis;
2° un espace extérieur de jeu pour enfants, situé dans un parc public à moins de 500 m de l’installation, délimité par une clôture et accessible pendant les heures de prestation des services de garde.
Cet espace doit être aménagé de façon adéquate et sécuritaire et, s’il est doté d’une aire extérieure de jeu, celle-ci doit être adaptée à l’âge des enfants reçus.
La distance de 500 m est mesurée en tenant compte du plus court chemin pour la parcourir à pied en toute sécurité.
D. 582-2006, a. 39.

114. Le prestataire de services de garde doit s’assurer, que chaque jour, à moins de temps inclément, les enfants sortent à l’extérieur dans un endroit sécuritaire et permettant leur surveillance. « 

Quoi ici, c’est une obligation de sortir à l’extérieur avec les enfants dans tous les services de garde à la petite enfance et même en plein hiver !!! Intéressant…

Vous allez me dire, une sortie nature à Montréal ?!?! Pour moi la nature, je trouve intéressant de l’élargir à tout ce qui se passe à l’extérieur, dehors, dans la rue, dans le parc…
Sortir, c’est prendre conscience de son milieu de vie, de son environnement.

Accueil du jeune enfant au Québec
Tout d’abord, il me semble nécessaire de vous décrire l’accueil du jeune enfant au Québec.
Les Centres Petite Enfance sont les principales structures collectives avec les garderies privéeset les services de garde en milieu familial (équivalent aux assistantes maternelles en France).Ces services de garde accueillent les enfants jusqu’à 5 ans. En effet, au Québec, la scolarisation des enfants se fait majoritairement à 5 ans ! Pour plus de détails sur la petite enfance au Québec, vous pouvez cliquer ici.
Le taux d’encadrement est le même qu’en France (petit rappel : 1 adulte pour 5 enfants qui ne marchent pas, et 1 pour 8 enfants qui marchent). La différence avec la France, c’est qu’un éducateur a sa propre salle (appelé aussi local ou classe) avec ses 8 enfants. Je dis « ses » car l’éducateur devient alors référent des 8 enfants qu’ils accueillent. Dans le CPE où j’ai travaillé, il y avait 3 groupes d’enfants âgés de 4 à 5 ans situés au 2ème étage. Des activités sont communes, d’autres non. Les repas se font dans les locaux. Chaque groupe a un nom attribué ici des noms d’insectes: les grillons, les frelons et les scarabées.
Le CPE ouvre à 7h30. Jusqu’à 8h30 environ, les enfants sont accueillis dans la même salle, celle du rez-de-chaussée, la pouponnière. Puis, tout le monde sort dans la cour. Il a rarement plu cet été à Montréal lorsque je travaillais. Quand le temps ne permettait pas de sortir, nous montions dans une des classes au premier étage.
A 9h30, chaque groupe se retrouve dans sa classe pour la collation et discuter du programme de la matinée. Pour les 4-5 ans, c’est sorties quatre jours sur cinq. C’est de cette partie de la journée que je vais vous parler aujourd’hui.

Des sorties quotidiennes à l’extérieur dans un CPE
Connaître son quartier : un petit tour dans l’université de Montréal et son jardin
Un enfant au CPE passe 5 jours par semaine dans un CPE qu’il soit dans son quartier ou non.
Aller se balader, c’est lier son accueil avec son quotidien. Ainsi, il peut repérer des lieux qu’il connaît, en parler avec les autres enfants ou avec les éducateurs.
Il me semble que ces sorties permettent aussi de développer la confiance des enfants à travers les promenades au sein d’un environnement immédiat et réel et surtout sans que la crainte d’un accident . Le risque 0 n’existe pas mais un travail de prévention et de sécurité pour organiser les sorties permet de responsabiliser les enfants. Ils ne sont plus passifs mais actifs dans la sortie.

Des cigales à Montréal
A Montréal, il y a pleins de cigales dans les arbres que nous entendons toute la journée. Tôt le matin, nous pouvons les observer sur les troncs d’arbres. Eric, un des éducateurs, en ramène une régulièrement qui l’a trouvé. Elles sortent juste de leur chrysalides et les enfants peuvent observer son changement de couleur et le déploiement de leurs ailes… Ils la déposent ensuite sur un tronc d’arbres de la cour de jeu pour lui redonner sa liberté.

A pied, en bus et en métro… à la découverte urbaine!
Prendre le métro ou le bus avec 24 enfants pour trois éducateurs. Cela semble presque suicidaire niveau stress ! Ici les éducateurs ont confiance aux enfants qu’ils accueillent. Et j’ai été très surprise que prendre le métro et le bus avec eux, ça devient « easy » ! Cela demande une organisation de la part des éducateurs pour assurer une sécurité et un bon moment pour tout le monde sans passer son temps à redire les règles.

De nouvelles aventures
Clara propose d’aller à un nouveau parc. Les éducateurs s’organisent pour y emmener les enfants. Ils lui demandent si elle sait de quelles manières s’y rendre. Clara, 5 ans, nous dit le numéro de bus et l’arrêt. Après vérification, c’est bien cela! Alors c’est parti, ce matin, nous irons jouer dans ce nouveau parc! Tous dehors pour un développement multidimensionnel ! Parce que dehors, les enfants bougent, crient, jouent ensemble et coopèrent pour s’essayer à des structures de jeu plus complexes que celles des CPE.

Un petit tour au marché
Nous passerons aussi une journée au marché où nous avons rencontré avec les fermiers. Nous avons même eu droit à des dégustations : huile de truffe, anguilles séchées, chocolat à la vanille, sorbet à la framboise.

Un pique-nique sur le Mont Royal
Tous les mardis et jeudis, c’est pique-nique!
Les enfants emmènent le pique nique préparé par le cuisinier dans leur sac… hors de question que les éducateurs fassent tout le travail. Nous sommes une équipe, tout le monde participe!
Aujourd’hui, ce sera petite marche jusqu’au Mont Royal pour manger nos sandwichs avec vue sur la ville de Montréal et le fleuve Saint Laurent!

Sorties piscine
La ville Montréal a de nombreuses pataugeoires surveillées et gratuites. Nous y sommes allés au moins une fois par semaine. A Montréal, l’été, il fait très chaud, c’est plaisant de pouvoir aller s’essayer à mettre la tête sous l’eau, nager et jouer avec les jets d’eau de toutes sortes!
Petite conclusion
Sortir dehors pendant l’accueil en structure collective, c’est offrir aux enfants de nouveaux défis infinis ! L’extérieur n’est pas juste un lieu de passage pour aller d’un point A à un point B mais un extérieur où il est possible d’inventer, de créer des jeux librement et spontanément, stimulant les rencontres, la motricité et l’intellect.

Liens utiles pour en savoir plus sur la petite enfance au Québec
Le programme éducatif commun pour tous les services de garde au Québec
https://www.mfa.gouv.qc.ca/fr/services-de-garde/cpe-garderies/programme-educatif/programme-educatif/Pages/index.aspx
Règlement des services de garde à la petite enfance
http://www2.publicationsduquebec.gouv.qc.ca/dynamicSearch/telecharge.php?type=3&file=/S_4_1_1/S4_1_1R2.htm
Guide activités extérieurs pour les services de garderie
https://www.mfa.gouv.qc.ca/fr/publication/Documents/SF_guide_act_exterieures.pdf
Programme de transition entre service de garde et milieu scolaire
https://www.mfa.gouv.qc.ca/fr/services-de-garde/cpe-garderies/programme-educatif/transition-milieu-scolaire/Pages/index.aspx
Autres
http://www.educatout.com/edu-conseils/strategie-apprentissages/sortir-a-l-exterieur-ou-pas.htm
http://www.educatout.com/edu-conseils/sante-hygiene/systeme-immunitaire-et-infections/jouer-dehors-bon-ou-mauvais-pour-les-infections.htm

Louis Espinassous : la nature, lieu privilégié d’éducation ?

Un de mes derniers livres acquis est celui de la rencontre de Louis Espinassous et Elise Bancon-Dilet intitulé « Laissez les enfants grimper aux arbres ». En tant qu’éducatrice, je le conseille à toute personne s’intéressant à la question du plein air avec les enfants et les adolescents ! Je vais vous résumer les grandes lignes pour vous donner la curiosité d’aller y jeter un coup d’oeil 😉

« Laissez les grimper aux arbres » Entretien avec Louis Espinassous

De sa rencontre avec la déclaration universel des droits de l’Homme à l’école primaire, à ces années de scoutisme et son temps passé en Allemagne, Louis Espinassous nous conte en toute simplicité son histoire de vie qui l’a amené à devenir éducateur, conteur et berger.

En se rattachant aux bases de l’éducation populaire, il nous rappelle que les enfants ne sont pas responsables de l’avenir de la planète et qu’il faut arrêter de faire passer des messages culpabilisants. Notre relation à tous avec la nature doit surtout nous permettre de recréer du lien avec celle-ci et non de la protéger en la rendant inaccessible. Il est aussi persuader que nous avons besoin de ce lien avec la nature pour nous épanouir.
Aller jouer dehors avec les enfants, c’est aussi leur offrir une alternance pédagogique. La Nature devient alors une approche sensorielle intéressante pour que chaque enfant y puise les ressources qu’il a besoin pour grandir. Comme il le résume si bien, la nature est « l’apprentissage de l’aventure le plus extraordinaire, c’est l’apprentissage de l’autonomie le plus extraordinaire, c’est l’apprentissage de la vie le plus extraordinaire »(p.100).

La dignité humaine avant tout !
Dans ce livre Louis Espinassous met un point d’honneur au respect de soi-même et des autres. L’éducateur accompagne l’enfant, l’adolescent, dans cette dignité. Mais pour apprendre de soi et des autres, il faut les laisser faire des erreurs, transgresser tout en leur assurant une sécurité. L’éducateur doit faire connaître à chacun ses droits d’enfants et de futurs hommes inscrits dans la déclaration universelle. Il nous le rappelle tout au long de son livre.
Respecter l’autre, c’est aussi faire confiance en ses capacités tout en assurant un espace de liberté. En tant qu’éducateur, nous pouvons avoir peur de laisser cette liberté dans cet espace extérieur infini car nous pouvons prendre un risque pour la sécurité des enfants. Louis Espinassous développe longuement sur ce sujet et nous amène à nous questionner sur la prise de risque que nous sommes capables d’assumer lorsque nous sortons avec des enfants dehors et de la nécessité indispensable de prendre le temps de préparer les sorties et de définir les règles en amont.

Pour finir, la motivation, l’énergie positive et la confiance de l’éducateur a un rôle primordial pour permettre aux enfants de découvrir le monde, le dehors. Il parle de bonheur, de joie, d’enthousiasme mais aussi d’aventures et d’émerveillement aux choses qui nous entoure. Le partage de ces valeurs avec les enfants contribuera à leur plein épanouissement.
Dans ses valeurs éducatives, cet éducateur ne perd jamais l’idée de répondre à l’article 26 de la déclaration universelle des droits de l’homme « L’éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité humaine et au renforcement du respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales ».

Pour lui, découvrir le monde et les autres dans un environnement naturel et aux potentiels infinis, c’est marcher vers une éducation en humanité.

 

 

L’EJE, une jardinière d’enfants

Après un article sur Coménius, allons aux origines de la création du métier d’éducateur de jeunes enfants et de son lien avec la nature. Parce que le métier d’éducateur de jeunes enfants trouve son origine dans le métier de jardinière d’enfants créée par Friedrich Fröbel. Le fondement de sa philosophie éducative cherchait à réaliser l’union complète de l’Homme et de la nature qui l’entoure pour un développement harmonieux.

F. Fröbel et les jardins d’enfants
Pédagogue allemand du XIXème siècle, il va inventer une méthode propre à la petite enfance inspirée des courants pédagogiques de Pestalozzi et de Coménius. Régie par un courant philosophique et éducatif où le petit enfant, comme une graine, suit son propre développement grâce à un environnement étudié pour lui de manière naturelle, sa pédagogie sera considérée comme un des programmes les plus efficaces et des plus complets d’éveil par le jeu des enfants âgés de trois à six ans avec la pédagogie Montessori.
En 1836, Fröbel créa son école enfantine à Blankenburg dans le nord de l’Allemagne. Quatre ans plus tard, il lui donnera l’appellation de « kindergarten » ou jardin d’enfants. Au sein de cet école, il créa son propre institut de formation pour accompagner les futures jardinières d’enfants.
A travers ce jardin d’enfants, F.Fröbel signifie que l’école est un lieu de vie où les enfants sont des plantes qui grandissent ensemble et s’aident mutuellement (clin d’oeil à la permaculture en vogue ce moment 😉 ). Les jardinières vont prendre soin de ces petites graines afin qu’elles deviennent des plantes en bonne santé. Il est persuadé de l’influence des phénomènes de la nature sur le développement et l’éducation des enfants.

« La plante humaine, comme la plante végétale, puise les éléments indispensables à son épanouissement non-seulement en elle-même, mais aussi et surtout dans les conditions au milieu desquelles elle germe »
F.Fröebel, De l’éducation de l’homme, 1826

Ces jardins d’enfants organisent l’environnement de l’enfant. Des activités adaptées lui sont proposées selon son propre rythme, sa propre croissance. Le jeu permet à chaque enfant qu’il devienne responsable, à sa mesure, de son propre développement. L’enfant trouve alors dans ce milieu un bien-être physique et morale pour grandir sereinement. Ce sont les grandes lignes éducatives que nous retrouvons dans nos établissements d’accueil du jeune enfant aujourd’hui.

« Les jeux de l’enfant sont le cœur de la plante qui s’épanouira toute la vie entière »F.Fröebel

Développement des jardins d’enfants en dehors du système éducatif français
Pauline Kergomard, fondatrice de l’école maternelle, travaillera beaucoup les travaux de Fröebel. Dans ses écoles pour les enfants de moins de 5 ans, les premiers apprentissages tels que la lecture, l’écriture et les mathématiques sont abordés. Le jeu et les activités artistiques ont également leur place dans ces lieux d’éducation. Toutefois, elle ne soutiendra pas le mouvement de ces écoles voulant faire de ces lieux des d’instruction à part entière, voulant plutôt favoriser le « développement naturel » de l’enfant.
Elle adhérait aux principes éducatifs de la pédagogie Fröebel mais n’en voulaient pas dans les institutions dont elle était responsable car elle considérait le matériel éducatif trop mécanique. Cependant, quelques jardins d’enfants vont être créés en France et surtout à paris à la fin du XXème siècle mais à la demande des parents, d’associations ou de personnalités privées. Elle s’ouvrent dans une démarche sociale et une demande de la société pour des situations spécifiques telles que des familles touchées par la misère.
C’est durant cette même période que va apparaître la protection de l’enfant et sa famille. Tout un réseau social va se créer autour des ses jardins d’enfants.

Pédagogie Fröbel et la nature : La culture des jardinets 
Ce pédagogue avait installé son établissement dans un petit château entouré par des parcs et des arbres. Il cherchait à faire aimer celle ci et la faire connaître aux enfants à travers des sorties quotidiennes dehors. Voici la présentation d’une de ses activités extérieures : La culture des jardinets
Les jardinets ont une haute portée éducative. Ils vont permettre de créer du lien entre l’enfant et la nature. Chaque enfant possède son propre coin de terre, et va y apprendre le respect de la propriété d’autrui. L’enfant sème, récolte et il y apprend la vie sociale en partageant les outils et en aidant les autres. Un véritable esprit de coopération émergera dans ces jardinets. En effet, si un enfant tombe malade, les autres enfants sont tenus d’entretenir son jardin. Puis, en parallèle des jardinets individuels, il y aussi le jardin communautaire où tous les enfants et les jardinières se retrouvent ensemble pour prendre soin de ce lieu. Les enfants disposent comme ils le veulent de ce qu’ils récoltent. L’enfant apprend ainsi à respecter la graine qu’il a semée, il prépare la fleur par les soins qu’il donne à la plante pour en récolter son fruit. La jardinière a également son propre jardinet. Chaque jour quelques enfants viennent soigner les plantes qui seront très utiles pour les « leçons de chose ». Et si le jardin d’enfants est en ville, les enfants cultivent dans les pots ! Les premiers pas de l’agriculture urbaine avec les enfants ??? 😉
A travers ses expériences, l’enfant développe ainsi ses facultés individuelles avec un aboutissement communautaire.

Que reste-t-il aujourd’hui de sa pédagogie ?
Nous avons gardé la question d’un environnement sécurisé et serein et la place du jeu dans l’accueil des enfants de moins de 6 ans mais le côté nature a disparu. Pourquoi ? Je fais encore des recherches sur ce sujet. Une des raisons qui n’engage que moi, c’est qu’avec les différentes épidémies du début du XXème siècle et pour la protection des enfants et des familles, les mesures d’hygiène se sont resserrés pour limiter les contaminations avec l’extérieur.

Il me fait plaisir de partager avec vous cet article car il était en veille depuis quelques temps au vue de sa longueur au début. Je suis ravie d’avoir réussi à le résumer pour vous.
Si vous voulez en savoir sur la pédagogie Fröbel, voici des liens qui m’ont été utiles pour cet article :
http://silapedagogie.weebly.com/freacutedeacuteric-froumlbel.html http://www.inrp.fr/edition-electronique/lodel/dictionnaire-ferdinand-buisson/document.php?id=2771 http://www.persee.fr/doc/rfp_0556-7807_1991_num_96_1_2488_t1_0127_0000_3

Homologuer une cour extérieure dans une halte garderie : Témoignage d’une directrice et son parcours du combattant

     Durant ma dernière année de formation d’éducatrice de jeunes enfants, j’ai effectué mon stage long dans une halte garderie parisienne. Cette structure était située au rez de chaussée d’un immeuble comme de nombreuses garderies et crèches en ville.

Cette garderie a la chance de posséder une cour extérieure mais l’équipe éducative ne peut proposer cet espace aux enfants car les habitants de la tour jettent 1001 choses par leurs fenêtres. La cour devient donc un dépotoir où les déchets s’accumulent. Mais, il devient aussi un espace dangereux où à tout moment, tu peux recevoir une poubelle ou même une bouteille de verre sur la tête ! Une fois par mois, les services d’entretien de la ville viennent nettoyer cette poubelle géante. Un bel espace abandonné a son sort est bien dommage. De plus, la garderie a deux belles portes fenêtres qui donnent sur cette cour abandonnée où des chats ont élus domicile. Au moins, nous pouvons observer la maman chat et ses petits… Très utile durant les adaptations :).

     Lors de mon stage de mémoire, Céline, la nouvelle directrice et ancienne EJE de terrain dans cette même garderie, entama les démarches pour que cette cour devienne aux normes. En 8 mois, j’ai vu de nombreuses personnes venir voir l’état de la cour, prendre des mesures, estimer le coût des travaux. A mon départ, nous ne pouvions toujours pas sortir dehors. Nous restions donc enfermés dans cette garderie de 8h30 à 17h30 du lundi au vendredi. Enfin, les enfants car les adultes avaient la chance de sortir dehors pendant leur pause… Je vous invite à imaginer la chaleur dans cette garderie durant le début des grosses chaleurs à Paris, en rez de chaussée avec peu de courant d’air…

Ce stage a été une de mes expériences les plus formatrices et je suis toujours restée en contact avec Céline. Je lui ai donc envoyé un mail pour lui demander ce qu’il en était de la cour extérieure. J’en ai également profité pour lui poser des questions sur des projets plein air qui étaient en place lors de mon passage. Je partage avec vous notre échange.

Bonjour Céline, il y a 2 ans, j’étais en stage de mémoire dans la halte garderie où tu es directrice. Tu étais en pleine démarche pour faire homologuer la cour extérieure. Les enfants peuvent-ils aujourd’hui aller jouer dehors ? Peux-tu nous résumer les démarches faites pour mettre aux normes cet espace extérieur ?

Toujours pas malheureusement…. Cette année il y a eu un gros dégât des eaux dans les caves de l’immeuble dû à un tuyau d’évacuation passant dans notre jardin. Paris Habitat a dû tout démolir et réparer… c’est donc l’occasion de refaire aux normes PE avec l’accord de l’architecte de la Direction des Familles et de la Petite Enfance (rattaché à la mairie de paris). L’espoir naît en nous !!!  Nous avons les professionnels et surtout le budget !!!

Mais voilà…. les normes de sécurité sont complètement démentielles :
1) Enlever des alentours tous les arbres fruitiers (notre beau cerisier: bye bye, les rosiers: bye bye) : ok (tant pis nous ferons sans…)
2) Le sol en revêtement souple d’une hauteur de 4 cm : ok !
3) Des barrières type « parisiennes » pour maintenir les enfants: ok !
4) Un portillon pour assurer le passage des sorties de secours: ok !
5) Un filet de protection contre les jets d’objets entre la salle d’enfants
6) Et une protection sur le haut-vent en acier plein pour éviter les jets d’objets ET résistant à la chute d’un corps du haut de l’immeuble…. ??? Chose impossible à trouver pour le moment…

Paris Habitat veut une réponse de la DFPE pour… AUJOURD’HUI, sinon il abandonne la remise en état du jardin. Le budget est seulement validé pour 2015 et le temps de lancer les travaux, on sera en 2016 (on marche sur la tête !!!)
Donc à ce jour pas de réponse de l’architecte de la DFPE (il est 14h28) donc je commence à perdre tout espoir…

Quelles sont tes impressions ?
Mes impressions ? Un raz le bol !!! Il faut des conditions incroyables pour la sécurité (je veux bien) mais à chaque solution trouvée un nouveau problème arrive… une lenteur administrative… Obligation d’avoir l’accord de l’architecte pour tout (mais peu disponible…). Aujourd’hui cet espace et un vrai dépotoir, une poubelle à ciel ouvert, un squat de jeunes. C’est déprimant….

Pourquoi as-tu fait le choix de faire ces démarches pour avoir cette cour extérieure ?
Parce qu’un enfant qui vient en journée de 8h30 à 17h30 tous les jours mérite d’aller respirer l’air extérieur, de courir dans tous les sens, crier, se défouler, jouer avec des petits cailloux, des branches ou feuilles mortes trouver parterre !!!
Même si l’équipe assure en terme d’imagination un maximum d’activités, cela ne remplace pas une bonne bouffée d’air…

Nous avions écrit un projet jardinage, quand l’espoir était encore là, où les enfants pourrait patouiller dans la terre, planter des graines et voir si ça pousse….. on va devoir attendre…

Les membres de l’équipe dès qu’ils le peuvent organisent des sorties mais c’est sans compter la difficulté des normes d’encadrement (1 adulte pour 2 enfants) alors quand c’est la période des adaptations ou qu’un membre de l’équipe est absent, ça devient vite impossible… sans compter la période de plan vigipirate rouge depuis les attentat de Charlie Hebdo: SORTIE INTERDITE !
Heureusement aujourd’hui, le plan vigilpirate s’est adoucit et nous pouvons les reprendre !

L’avantage du projet de la halte, la place du parent, nous pouvons grâce à eux et à leurs participations dans les activités donner du renfort à l’équipe pour plus de sorties !

Il y avait des sorties au marché avec quelques enfants et des parents pour préparer la collation du midi ? Quels regards portes-tu sur ces sorties dans le quartier ?
OUI et nous tenons à garder ces quelques sorties au marché ou à la boulangerie !!!!
Les enfants, seuls ou accompagnés de leurs parents, sont contents de nous montrer qu’ils connaissent cette rue, cet immeuble « c’est là où je vis », cette école « c’est là où va ma sœur », ce magasin « où je vais avec ma maman »…
C’est l’occasion pour les enfants de partager un peu de leur quotidien et surtout de fierté pour eux car ILS CONNAISSENT !

Depuis deux ans, avec l’équipe, avez-vous mis en place d’autres sorties à l’extérieur avec les enfants de la halte garderie avec ou sans les parents ? Pourquoi ?
Oui nous faisons des sorties à la Villette (au parc ou à la maison des tout petits) et à la bibliothèque de quartier mais uniquement en présence des parents (à cause du plan vigipirate et toujours de ce fameux taux d’encadrement).

Nous souhaitons ainsi proposer aux familles de s’approprier les ressources de leur quartier. Les parcs et les bibliothèques sont des endroits où il n’est pas nécessaire d’avoir des sous pour passer de bon moment avec ses enfants…

Aussi, nous arrivons parfois à aller au petit parc à coté, surtout pendant les vacances scolaires quand il y a moins d’enfants. Ce petit parc est très bien pensé : deux jeux, un coin d’herbe et bien fermé de telle sorte que nous pouvons laisser faire les enfants sans intervention de notre part toutes les deux minutes pour régler un conflit ou autres.

Il est impressionnant comment les enfants gagnent en autonomie une fois dehors !!! Chacun est occupé à grimper, courir ou fait sa petite expérience avec de l’herbe, une feuille, un insecte ou à regarder les arbres, le ciel et les avions…

Dernier question, as-tu des informations à partager avec nous de ces expériences dehors ?
Eh ben moi je dis: SORTIR AVEC LES ENFANTS C’EST BIEN PLUS REPOSANT POUR LES PROFESSIONNELS !

Un grand merci à Céline pour son témoignage, je vous dis à très vite pour la suite de cet article concernant les normes de sécurité ! 🙂

Des promenades pour des explorateurs… #1

Les sorties avec les enfants à l’extérieur d’un EAJE sont souvent source de stress. Puis, elles servent surtout d’aller d’un point A à un point B. ; pour aller à la bibliothèque par exemple.
Il me semble qu’une sortie à l’extérieur de l’espace d’une garderie peut être une activité intéressante à proposer aux enfants. C’est pourquoi, j’ai commencé à mener des recherches sur ce sujet et que je partage cette première partie avec vous.

Quel lien avec mon expérience d’éduc’ au Québec ?
Une loi au Québec oblige les CPE de faire une sortie à l’extérieur avec les enfants une fois par jour sauf si les conditions climatiques l’empêchent vraiment. J’ai eu l’occasion de passer un entretien dans un CPE à Montréal qui accorde une grande importance dans ces sorties. Ils prennent également le bus pour aller un peu plus loin que les alentours du centre ou dans les parcs avoisinants au moins une fois par semaine. Dans une semaine, je commence un poste de remplaçante dans cette structure. Et bien sûr, je prendrai le temps de partager cette première expérience avec vous.

En attendant, penchons nous sur ce que pourrait une promenade avec des enfants dans un établissement petite enfance. Ce premier article résume de manière globale ce que peut être une promenade avec les enfants. Il décrit également les promenades qui sont proposées au sein de la pouponnière d’Emmi Pikler.
Bonne lecture !

Qu’est-ce qu’une promenade ?
Selon le Larousse, c’est une « expédition facile et de courte durée, sans risques. ». Se promener, c’est aller ici et là « pour se distraire », « faire de l’exercice ». La promenade est un moment pour prendre l’air, flâner, se dégourdir les jambes… Nos sens sont mis en éveil… il y a les bruits, les odeurs, les mouvements ou l’immobilité. Pour moi, promenade rime avec légèreté et simplicité.
Les promenades, c’est aussi une manière de découvrir le monde qui nous entoure. Il me semble intéressant de le proposer au sein des établissements petite enfance. C’est emmener les enfants vers une expédition, vers des découvertes.

Allons faire un tour avec Emmi Pikler
Dans la pouponnière créée par Emmi Pikler, le plaisir de la découverte, d’observer, de s’émerveiller font partie des principes fondateurs de la pédagogie du lieu. Il semblait donc naturel de proposer des promenades aux enfants accueillis. Ces promenades permettent de rompre une certaine quotidienneté. Ces explorations à l’extérieur de la pouponnière sont organisées différemment selon l’âge des enfants. Avant de vous présenter les différentes promenades proposées au sein de la pouponnière, il me semble important de préciser que les enfants présents durant les promenades sont là par choix. Ils sont libres de vouloir aller ou non se balader à l’extérieur de la pouponnière.

=> Les premières promenades
Elles débutent à la marche acquise. Accompagnées par leurs éducatrices, les enfants commencent par découvrir le jardin et les alentours de la pouponnière. Puis, lorsque l’enfant se sent prêt, il est accompagné vers des lieux qui animent sa curiosité. Jusqu’aux environs, les promenades se passeront dans le jardin et dans les rues avoisinantes.
Pour E.Pikler, ces sorties introduisent « du nouveau » au rythme de chacun. En effet, chaque enfant choisit s’il se sent prêt d’aller découvrir un monde plus grand, inconnu.
L’éducateur accompagne les enfants. Il est disponible et échange sur ce que les enfants regardent plus longuement, montrent ou commentent. Il me semble qu’il doit prendre le temps de s’arrêter pour parler à la hauteur des enfants.

=> L’enfant grandit et ses promenades s’élargissent
Après 20 mois, et si l’enfant est prêt, des sorties au zoo, au parc sont organisés en petits groupes d’enfant. Ce sont les promenades avec but.
Mais les promenades pour flâner, découvrir continue toujours.
Ces deux sortes de promenades gardent le projet que « les enfants vont d’une chose à l’autre, ne laissant la première que lorsque leur intérêt est épuisé, et c’est à eux que revient la prochaine initiative ».

Les promenades : une source de découvertes
La marche peut devenir source de découvertes et pas toujours un chemin pour aller d’un point A à un point B. Elle est une activité à part entière. Je ne suis pas contre les sorties au parc animalier d’à côté mais certains enfants sont souvent plus intéressés par les travaux d’à côté que les animaux. Il me semble nécessaire de prendre cela en compte. Durant la promenade, tout peut devenir sources d’observation et d’exploration si nous laissons la possibilité et le temps à l’enfant de les découvrir.

A venir… Des promenades pour des explorateurs #2 : Préparer et organiser des promenades

Sources
– Le maternage insolite, Myriam David et Geneviève Appell, Eres, collection 1001 bébés
– les promenades, vidéo de l’association Pikler Loczy
– Magazine Le Furet No.76, La Nature à petit pas…
– Enfants d’Europe N°19 : Jouer en plein air

Coménius, le respect de l’enfant et la nature

Avant de vous parler du fondateur du métier de jardinière d’enfants et donc du métier d’éducateur de jeunes enfants. Je vais vous rappeler rapidement de Coménius (1592-1670) qui a eu un rôle important dans la pédagogie moderne.

Pour Coménius, l’éducation commence à la naissance pour se terminer à l’université. Il défend l’idée d’une éducation pour tous, filles et garçons. Il donne à la mère, une place centrale dans cette éducation. Il propose des regroupements de familles pour discuter et élever ensemble les enfants.

Philosophe, théologien et pédagogue tchèque, l’école est pour lui un « atelier d’humanité ». Il accorde une grande importance à la place du jeu, des chansons et des comptines. L’éveil des sens va permettre à l’enfant de lui faire prendre conscience du monde extérieur et l’introduit dans le monde social. Dans ses écrits, Coménius recommande de laisser l’enfant découvrir par lui-même.

Le petit d’homme aurait ce qu’il faut en lui pour grandir. L’éducateur est auprès de l’enfant pour l’observer afin de lui offrir ce dont il a besoin quand il est prêt à recevoir. L’éducateur s’adapte donc aux possibilités réelles de l’enfant en fonction de son développement.

Ce pédagogue était également très attaché à la nature qui nous entoure est persuadé de son importance dans la construction de l’Homme. Il utilisait la métaphore de la graine pour parler de l’esprit de l’Homme. Aussi, cet éducateur tchèque préférait l’école buissonnière, « vivante des hêtres et des chênes ». Il proposa alors des promenades et des visites d’ateliers.

 « Il y a entre la nature et l’esprit humain un parallélisme qui entraîne le processus éducatif. Il s’agit de l’ordre des choses. Tout ce qui se trouve dans la Nature se trouve déjà dans l’homme. Lire la nature est apprendre à se lire. »

Quatre siècles après, ces idées sont devenues des bases fondamentales dans les projets des établissements d’accueil du jeune enfant. C’est pour cette raison que je souhaitais faire ce petit article. Mais pas seulement ! F.Froëbel s’est grandement inspiré des travaux de Coménius. Et F.Froëbel est à l’origine du métier d’éducateur de jeunes enfants…

Documents nécessaires pour être EJE au Québec

Pour une EJE, travailler en tant qu’éducatrice petite enfance au Québec nécessite un peu de patience. En effet, les démarches se font en plusieurs étapes.
Tout d’abord, vous pouvez faire une demande d’évaluation comparative par courrier de la France. Ce n’est pas vraiment une équivalence, c’est un document qui vous permet de faire reconnaître vos compétences obtenues durant votre formation à l’étranger. Les documents à fournir sont listés ici :
http://www.immigration-quebec.gouv.qc.ca/FR/education/evaluation-comparative/depot-demande/index.html

Pour ma part, j’ai envoyé la photocopie de mon diplôme, les notes obtenues ainsi que mon certificat de scolarité. J’ai fait certifié conforme toutes mes photocopies dans ma mairie.

Cette évaluation coûte 114$ et le traitement de la demande prend entre 3 et 6 mois. Ce délai peut être réduit à 3 semaines si vous avez un employeur. Cependant, il est possible de travailler dans des centres petite enfance sans cette évaluation pour des remplacements. Le salaire est alors un plus faible. Au Québec, les expériences d’éducateur dans d’autres structures petite enfance sont reconnues. Je vous conseille d’emmener vos certificats de travail avec le nombre d’heures travaillées est indiqué. Vous pouvez aussi apporter vos photocopies d’attestation Pole Emploi. Ainsi, vous pourrez obtenir un salaire légèrement plus élevé.

Une fois arrivée sur les terres québécoises, vous devrez passer les premiers secours service de garde qui dure une journée de 8 heures et coûte aux environs de 60$.

Pour finir, vous ne pourrez pas travailler auprès des enfants tant que vous n’aurez pas obtenu l’attestation d’empêchement judiciaire. C’est plus ou moins l’équivalent de l’extrait du casier judiciaire en France. Ce document s’obtient seulement lorsqu’un employeur est prêt à vous engager. C’est la direction qui se charge de l’envoyer au service de Police de la ville. Il faut compter entre 5 et 7 semaines pour la recevoir. Cette attestation entraîne des frais de 70$ à la charge du salarié. Pour du bénévolat, elle est gratuite.

Une fois ces documents obtenus, vous serez prêts pour découvrir la petite enfance québécoise ! 🙂

Liens :
Evaluation comparative : http://www.immigration-quebec.gouv.qc.ca/fr/education/evaluation-comparative/
Les premiers secours service de garde : http://www.pulsationplus.com/ ou http://www.atoutplus.com/cal_garderie.htm
Vérification d’empêchement judiciaire : https://www.mfa.gouv.qc.ca/fr/services-de-garde/cpe-garderies/sante-securite/verification-absence-empechement/pages/index.aspx