Jouer dehors : un atout pour la santé des jeunes enfants, d’après Francine Ferland (1/3)

Durant les trois prochains articles, je vais vous parler de Francine Ferland. Elle est ergothérapeute et professeur dans une faculté de médecine de Montréal. Elle a écrit de nombreux ouvrages sur le développement de l’enfant, ainsi que sur le jeu et en particulier, sur l’importance du jeu extérieur chez les enfants.

Je trouve qu’elle résume très bien tous les bénéfices que cela peut avoir auprès de chaque être humain. Elle s’appuie sur de multiples recherches et en a écrit un livre « Viens jouer dehors ! Pour le plaisir et la santé « . Récemment, j’ai trouvé une de ses interventions durant un échange en Gaspésie sur le jeu extérieur pour les jeunes. C’est par ici.

Vous n’avez peut-être pas 40 minutes pour prendre le temps de l’écouter parler. Elle parle québécois en plus, ça demande un peu de concentration pour une oreille française :).
Je vous propose donc un résumé de son livre et de cette vidéo sur la place du jeu dehors et du contact avec la nature pour les enfants de moins de 3 ans en 3 parties :
Partie 1 : Jouer dehors, un atout pour la santé
Partie 2 : Jouer dehors, une source de plaisir pour un développement harmonieux
Partir 3 : Jouer dehors en toute sécurité, une histoire de volonté collective

JOUER DEHORS, UN ATOUT POUR LA SANTE

     Un impact sur le sommeil et l’appétit
L’enfant est davantage en activité constante et libre à l’extérieur : il court, saute, grimpe. Des recherches prouvent que cela à un impact sur  la santé du coeur ainsi que sur le développement musculaire et des os surtout auprès des enfants de 0 à 4 ans. Au Québec, il a été recommandé 3h d’activités de mouvement naturel par jour pour permettre un bon développement du corps de l’enfant et de ses capacités.

     Une meilleure évacuation du stress
Le cerveau de l’enfant est en développement, l’hormone du stress, la cortisone, accède plus rapidement au cerveau et aurait une préférence pour se loger dans les zones stimulant la mémoire, l’apprentissage et la régulation des émotions. Ceci engendrant alors plus de frustration, moins de patience, voire des enfants qui pourront réagir plus vivement envers les autres. Le jeu extérieur est idéal car étant plus actif, la production d’endorphine est plus élevée et cette hormone contre l’action de la cortisone et procure alors un sentiment de bien être. L’hormone est donc plus vite éliminée. (Comme l’adulte quand il fait du sport)

     Et donc une augmentation de la concentration
A l’extérieur, l’enfant dépense son surplus d’énergie et cela engendrerait une diminution de son anxiété et régulerait ses pulsions. Passer du temps dehors pourrait permettre à l’enfant de trouver un équilibre entre les moments de mouvements libres et libérés et des temps plus calmes et posés. Car l’énergie sous-jacente a été libérée.
Des recherches montrent qu’il y aurait un lien entre le déficit de l’attention et le temps passé dans un espace vert.

     Une amélioration des défenses immunitaires
Nous avons tendance à mettre nos enfants dans des cloches aseptiques. Il suffit de voir les réglementations dans les structures petite enfance en France. Pourtant, il peut être nocif de surprotéger nos enfants. En effet, certains bactéries présentes dans l’environnement naturel est nécessaire pour le bon fonctionnement de notre système immunitaire. Elles sont appelées des bactéries positives. Celles-ci sont utiles pour prévenir l’implantation des bactéries dangereuses. Si nous sommes trop stricts, notre système immunitaire ne se développe pas correctement

     Une prévention de la myopie
Le dernier article que j’ai fait suivre sur ma page facebook parlait de ce sujet. L’exposition des enfants à la lumière du soleil pourrait contrer la myopie, « l’épidémie » de nos sociétés occidentales. La Haute Autorité de la Santé estime qu’en France, la myopie toucherait plus ou moins 30% de la population, soit 1/4 de la population. Les causes de ce trouble de la vision peut être génétique mais aussi environnementale. « Il semblerait que […] le temps passé dehors, à la lumière naturelle, est un élément protecteur, et non la pratique de l’activité physique elle-même ».

     

     Cette première partie est terminée ! A la semaine prochaine pour la suite ! Je vous parlerais des bienfaits du jeu extérieur sur le développement des jeunes enfants selon Francine Ferland mais aussi de l’importance de prendre du plaisir à jouer à l’extérieur pour que l’enfant reçoive tous ces bienfaits.

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Ouvrir les structures petite enfance à leur environnement proche : est-ce vraiment possible dans leur fonctionnement actuel ?

Tout commence à la conférence à laquelle j’ai participé il y a quelques semaines. Voilà la question de départ : Comment pacifié notre rapport à l’environnement ? Je ne vous cache pas que j’ai été un peu déçue car elle a plus fait état de la situation environnementale et animale qu’une réflexion sur nos actions concrètes pour changer les choses. Cependant, cela ne m’a pas démotivée pour m’investir dans la promotion de la place du jeux extérieurs et d’un rapprochement avec la nature dans les structures petite enfance.

Par contre, les nouvelles dans la halte-garderie où je travaille (à Paris) m’ont données un sentiment d’impuissance face à la législation, ou plutôt au manque de législation au sujet de la prise en compte de l’environnement proche pour les structures petite enfance.

Cet article partira donc d’une des informations rappelées durant cette conférence en la liant avec un événement qui a eu lieu sur mon lieu de travail. Elle sera comme la conférence plus un état des lieux et l’apparition de nombreuses questions… Mais, ça ne veut pas dire que je ne suis pas motivée pour défendre mon positionnement ! 🙂

Plus de la moitié de l’humanité vit en milieu urbain !

D’après différentes recherches, il serait plus facile d’explorer, de faire des essais en ville. Par exemple, de manière globale en France, le mouvement pour la protection de la nature est né dans les villes ou le droit des femmes s’est développé en ville pour ensuite se généraliser au pays.

Il semble donc que le terreau urbain soit source d’innovation et de progression sur différents sujets sociétaux. Peut-être qu’en ville, il est plus facile d’avoir un effet collectif conséquent pour le changement. Nous devons donc prendre en compte cette forte population urbaine et avoir confiance en elle pour bouger les choses !

Il semblerait donc, que pour donner un impact sur l’importance de notre contact avec la nature des initiatives « écoresponsables » se développent en milieu urbain… Tout va bien, nous observons depuis quelques temps un relation différente entre ville et nature comme le projet « permis de végétaliser »  lancé par la mairie de Paris ou l’explosion de l’agriculture urbaine à Montréal.

En tant qu’EJE et voulant proposer des rencontres entre l’enfant et la nature en milieu urbain, je me dis alors que je suis à la bonne place pour développer ce projet. De plus dans l’association où je travaille, il y a un fort projet de faire connaître aux familles les initiatives de leur quartier. Les structures petite enfance proposent aux enfants des sorties à la bibliothèque, à la boulangerie ou à l’épicerie pour acheter de quoi faire un bon gâteau avec des produits bios et même des piques-niques goûter avec les parents dans des parcs ! Me voilà donc entrain de rêver… jusqu’à ce que tout soit requestionné…

Le « vide juridique » des sorties extérieures dans les structures petite enfance : un air de déjà vu…

Les responsables Petite Enfance de l’association ont épluché les décrets régissant l’accueil du jeune enfant en structure collective… Aucun texte ne mentionne la question des sorties extérieures. En clair, s’il y a un accident en allant chercher du pain à la boulangerie d’à côté ou en allant à la bibliothèque avec un groupe d’enfants de moins de trois ans, l’équipe et la direction sont en tord et surtout ne sont pas assurées en dehors des quatre murs de la structure petite enfance.

Suite au témoignage d’une directrice d’une halte-garderie confronté aux problématiques administratives et législatives pour homologuer leur cour extérieur, je vous avais fait part de mes difficultés à trouver des informations officielles sur les normes pour la création de ces cours extérieures dans la petite enfance. Il semblait que cela se faisait plus au bon vouloir de l’architecte et de la PMI.

Têtue et ne voulant pas abandonner cette idée d’ouverture sur le voisinage de la halte-garderie (Nous avons à proximité un grand parc et plusieurs jardins partagés associatifs), je me suis attelée à la recherche sur Legifrance et ses décrets, sur les forums, sur les sites sur l’accueil jeune enfant… je trouve très peu de choses ou celles que je trouve date de 2008… Sommes-nous les seuls à vouloir sortir les enfants des structures petite enfance ? A moins que vous ne vous posiez la question du protocole et d’assurance ?
Il semble que nous soyons de nouveau confrontés à une problématique législative.

 Et ce fameux un adulte pour 2 enfants ?  

Une information semble circuler, c’est l’encadrement d’un adulte pour deux enfants pour des sorties en groupe à l’extérieur de la structure petite enfance. Apparemment, elle trouve son origine dans une sorte de croyance et de confiance accordées aux informations données par les centres de protection maternelle et infantile (PMI)…

Bye bye les sorties ! On reste à l’intérieur ?!?!

Nous sommes bien loin des projets de nos amis européens ou d’Amérique du Nord.
Petit Rappel : Les structures petite enfance au Québec ont pour obligation de sortir une fois par jour dehors et avoir un parc de jeux à moins de 500 mètres de l’installation !

Dans ces conditions, quelle place donnée à l’environnement proche des structures petite enfance et donc de la nature dont nous avons tant besoin ? Devons-nous rester enfermés, rester dans notre  » bulle de sécurité » et faire venir à nous toutes sortes d’intervenants ?

Durant la conférence, il a été soulevé qu’il serait important de re-créer du lien entre les êtres humains avant de re-créer du lien avec la nature. Je me pose une question inverse la nature peut-elle aider à recréer du lien social entre les habitants d’un quartier, d’une ville, d’un village ? Par exemple, c’est ce que propose la Mairie de Paris dans sa charte Main Verte lors de la création associative d’un jardin partagé.

Et si les structures petite enfance s’intégraient, s’essayaient ou s’inspiraient de ces nouvelles initiatives urbaines pour donner une place à la nature auprès du jeune enfant ?

… ENQUETE  ET REFLEXIONS TOUJOURS EN COURS…